L’envie de participer à cette rando m’est venue il y a 2 ans lors du week-end Pyrénées que nous avions organisé dans la région. A cette occasion nous avions traversé les Baronnies avant d’attaquer Tourmalet et Aspin. Malgré la météo déprimante de ces dernières semaines j’étais bien décidé à la faire quel que soit le temps !! Pluie et bruine sur l’autoroute jusque à Pau mais une légère éclaircie en arrivant à Bernac Dessus point de départ de la rando m’a conforté dans l’idée que j’avais fait le bon choix. 1ère impression, des vestes fuchsia
du club organisateur partout, ça fait rêver une telle mobilisation !! Accueil très sympa au parking et dans la salle de mairie réservée à notre intention, café offert, etc.. 5 minutes après être arrivé j’entends dans mon dos “Hé Ho Hé Béééé !!!” je me retourne et je reconnais Richard, le béret vissé sur la tête et en tenue Canéjan “old style”. Comme toujours venu de nulle part, l’électron libre que vous connaissez… on discute un peu tout les 2 du club et du parcours, dur d’après lui, ce que je pourrai vérifier bientôt. Un peu plus loin je retrouve des gars de l’ASCCUB, Joel Joyet et son fils Laurent ainsi qu’un 3ème que je ne connais pas, et on discute encore en attendant le départ. Vous mettez 2 cyclistes ensemble et ça papote alors imaginez un peu 1300… une vraie ruche !!
Une quinzaine de motos sont là qui vont nous escorter avec une efficacité remarquable. On remonte dans les 50 premiers et c’est parti, le compteur indique 35/40, déjà une cassure et déjà je me dis que j’aurais mieux fait de m’échauffer un peu au lieu de bavarder, le souffle est court et les jambes chauffent… Bagnères, on tourne à gauche et on attaque une côte de 2/3 km dans laquelle je coince rapidement, ça va être dur, il va falloir gérer. Surtout qu’après ça n’arrête pas de monter, descendre, tourner, pas trop de répit et j’ai du mal à récupérer. Dans une petite côte j’ai la roue arrière qui patine, je suis obligé de monter assis, je comprendrai pourquoi très vite : il y a du gasoil oublié par un tracteur sur la route. Dans la descente qui suit un motard est là pour nous avertir du danger. J’en profite pour tirer un fameux coup de chapeau aux organisateurs : il y avait des signaleurs à tous les carrefours, des motards patrouillaient en permanence sur la course avec beaucoup d’adresse, des panneaux signalaient les virages dangereux et même les passages en côte à + de 10% !!! bref quelque chose qu’on aimerait bien voir sur certaines cyclosportives de renom avec des tarifs trois fois supérieurs.
Vers Bonnemazon commence une montée de 7km en paliers particulièrement éprouvante. C’est une succession de montées avec des passages de 200/300 mètres à 13/14% qui font très mal, on a l’impression que la côte va s’arrêter et au détour d’un virage ça repart de plus belle, la dernière 300 m à 13% bien sentis est une boucherie !!! Enfin en haut on bascule dans la descente et je prends la roue d’un groupe de béarnais de l’Avenir Bizanos avec lesquels je vais faire une bonne partie du chemin. Ca roule bien et on reprend bon nombre de concurrents. Arrivée à Batsère, point de ravitaillement ou nous sommes accueillis sous le préau de l’école par la banda locale. Un peu de carburant pour refaire les forces et on repart par une belle descente dans laquelle j’enrhume Richard en passant (il a fait le 70) avant d’aborder le Couret d’Asque, petit col mais avec des passages qui font mal aux pattes. Et là miracle : le soleil !!! si si j’ai des témoins !! bon ce fut bref, environ 3’30” mais ça fait du bien car je ne vous l’ai pas encore dit mais l’éclaircie s’est muée en petite bruine hélas.. Début de crampe dans la cuisse droite mais je gère bien, la descente va me retaper, on file vers la dernière difficulté du jour le col de Palomières qui m’avait laissé le souvenir d’une montée agréable. Hé ben… ma mémoire m’a joué des tours ou plutôt je commence à être cramé je crois.. Début du col, 3 virages à fort pourcentage, un peu de répit et soudain dans un hameau je vois un mur droit devant !!! arghhhhhhhhh et là je me souviens j’ai déjà vécu ça !! en fait il y a une route moins raide à droite masquée par une maison et c’est cette route qu’on emprunte, ouf !!! I’m still alive !!! joie de courte durée car un panneau annonce 1.5 km à 9% !! Là commencent les questions existentielles : qui suis-je, d’ou viens-je, dans quel état j’erre ? allez on oublie, on serre les dents et on met tout à gauche (message subliminal ?) Ca va monter, je n’ose pas regarder le compteur, je sens qu’il n’a plus qu’un chiffre.. certains sont à pied, je les passe en compatissant, enfin le plus dur est fait je suis en haut, pas d’arrêt ravito, je ne veux pas me refroidir alors je me lance à fond dans la descente pour me réchauffer. C’est une descente avec de larges courbes, il faut pédaler en permanence, tout à fait ce qu’il me faut. Une dernière bosse et on se retrouve à 5 à relayer à 40 à l’heure sur le plat, ça tourne bien, c’est un régal de pouvoir prendre des relais avec des gars qui roulent sans calcul !! Et c’est l’arrivée, un petit coucou aux CUBistes déjà arrivés, un brin de toilette et direction la salle de remise des prix. Casse croûte et boissons, banda pour l’animation et tirage des lots. Je n’ai rien gagné mais il y avait quand même un look 566 et 3 paires de roues Ksyrium, ainsi qu’une centaine de lots à gagner.
Bilan de la journée 100% satisfait, je signe pour dans 2 ans (cette rando est organisée les années paires). Et je propose d’en faire un objectif pour le club. Comme je l’ai dit plus haut elle est remarquablement organisée et de plus elle part le samedi à 13h30, ce qui fait qu’on peut partir le matin vers 9h30 et rentrer le soir même. Le parcours est suffisamment exigeant pour les grimpeurs que vous êtes tout en étant accessibles à des coureurs moins entraînés, la preuve je l’ai fait : YES WE CAN !!
Le site du club “Cyclo Roue Libre” pour en savoir plus.
JP